Introduction

Un peu d’histoire…

Les propriétés de l’opium étaient déjà connues des Sumériens, une civilisation du IV ème millénaire av. J-C, ainsi que des égyptiens comme le prouve le papyrus d’Eber (1550 av. JC). Ce manuscrit parle en effet d’une substance extraite du pavot, aux propriétés narcotiques et antidouleur. Les grecs en eurent aussi l’utilisation : « opium » vient du grec « Opion » qui veut « dire jus de pavot ». Les conquêtes arabes permirent plus tard sa dispersion dans le monde entier, jusqu’en Asie, et elle connaît une utilisation forte jusqu’au début XXeme, mais pas seulement pour ces propriétés antidouleur. La consommation d’opium entraîne aussi une assez forte dépendance, et son trafic est important, notamment de l’inde vers la chine, mais aussi vers l’Europe.

Les effets physiologiques qu’entraîne cette substance éveillent la curiosité des chimistes vers la fin du XVIIIeme, et en 1817 le chimiste allemand Friedrich Serturner isole une substance de l’opium. Celle ci endort les cobayes du scientifique, c’est pourquoi il lui donnera le nom de « Morphium », Morphée étant la déesse grecque des rêves et du sommeil. Des études scientifiques plus poussées révéleront que la Morphium est la principale substance active de l’opium et qu’elle réagit avec un acide pour donner un sel, comme les alcalis. Elle allait être la 1ere d’une longue liste d’alcaloïdes végétales, auquelle le Français Gay-Lussac propose de mettre a leurs noms le suffixe « -ine ». Elle devient la Morphine (il existe aussi la codéine, la thébaïne ou l’héroïne).

Elle fut le premier réel antidouleur utilisé par la médecine (notamment grâce a l’invention de la seringue hypodermique par le Lyonnais Chavaz en 1850), autant à l’hôpital que sur les champs de bataille (utilisation importante pendant la guerre de Sécession, d’où les premiers cas de dépendance et de toxicomanie…).

« Toute personne a le droit de recevoir des soins visant à soulager sa douleur. Celle-ci doit être en toute circonstance prévenue, évaluée, prise en compte et traitée… » (Article L.1110-5 du code de la santé publique).

Rien que le nombre de textes et lois ayant pour sujet le traitement de la douleur en France montre à quel point ce sujet est considéré comme important. C’est pourquoi en 2005 le ministre de la santé a présenté un programme de lutte contre la douleur, dont le coût s’élève a 14 millions d’euros, et ce pour les années 2006-2010 d’où le caractère d’actualité de ce sujet qui nous concerne tous. Ce plan repose sur 4 axes principaux : l’ amélioration de la prise en charge du patient, l’amélioration de la formation du personnel de santé vis-à-vis de ce sujet, la création d’une filière d’étude spécialisée dans ce domaine, et enfin l’amélioration des traitements analgésiques. Or la morphine reste aujourd’hui l’un des plus puissant. Pourquoi son utilisation serait-elle alors remise en cause ? Pour utiliser un exemple précis, le réveil après avoir subit une pose de prothèse de hanche, opération assez courante actuellement, est extrêmement douloureux. C’est pourquoi le personnel médical de l’hôpital de Lagny-sur-Marne a décidé de mettre le patient sous morphine systématiquement avant qu’il ne se réveille afin d’éviter de trop le faire souffrir. Mais cette décision n’a pas été prise sans débat interne.

Finalement sa remise en cause et dans un même temps sa domination dans la classe des analgésiques a l’heure ou la guerre contre la douleur est déclarée présenet un double intérêt à étudier comment la morphine agit elle contre la douleur, et quelles sont ses usages ainsi que ses limites dans le milieu médical ?

Nous verrons donc tout d’abord la molécule de morphine au niveau chimique, puis le fonctionnement du circuit de la douleur ainsi que l’action sur l’organisme de cette molécule, et enfin pourquoi son utilisation est parfois controversée.

15 votes. Moyenne 3.20 sur 5.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×